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Valentine Soleau, sexothérapeute

Contraception & santé intime

Pilule et méningiome : la liste des contraceptifs concernés en 2026

Liste des pilules et contraceptifs concernés par le méningiome en 2026 (Optimizette, Cerazette, Nexplanon…) : vrai niveau de risque, symptômes, que faire.

Par Valentine Soleau, sexothérapeute ·· 7 min de lecture

Plaquette de pilule contraceptive posée sur un fond rose

L’essentiel en 30 secondes

  • Depuis l’été 2026, le méningiome figure dans les notices des contraceptifs au désogestrel (pilules) et à l’étonogestrel (implant, anneau vaginal).
  • Le risque est très faible : environ 1 cas supplémentaire pour 67 300 utilisatrices. Il concerne surtout une utilisation de plus d’un an, après 45 ans ou au-delà de 5 ans.
  • Les contraceptifs au lévonorgestrel (pilules, stérilets hormonaux) ne montrent pas de sur-risque.
  • N’arrêtez pas votre contraception sans avis médical : parlez-en lors de votre prochaine consultation.

Depuis l’été 2026, le méningiome apparaît dans les notices de plusieurs contraceptifs très utilisés en France : la micropilule au désogestrel, certaines pilules combinées, l’implant et l’anneau vaginal. En septembre, l’ANSM a commencé à écrire directement aux femmes concernées. De quoi inquiéter… alors qu’il s’agit d’un risque très rare, que l’on peut gérer sereinement avec son médecin, sa gynécologue ou sa sage-femme.

Voici ce qu’il faut savoir, sources officielles à l’appui.

Qu’est-ce qu’un méningiome ?

Un méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes qui entourent le cerveau. Dans la grande majorité des cas, elle est bénigne (non cancéreuse) et grossit lentement. Selon sa taille et sa localisation, elle peut toutefois comprimer certaines zones et provoquer des symptômes, voire nécessiter une opération.

Dans la population générale, on compte environ 9 à 10 nouveaux cas pour 100 000 personnes par an, selon l’ANSM. Les méningiomes sont plus fréquents chez les femmes, en partie parce qu’ils sont sensibles aux hormones, notamment à la progestérone et à ses dérivés.

Ce qui a changé en 2026

  • Juillet 2026 : le comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne du médicament (PRAC) recommande d’ajouter le méningiome aux notices des médicaments contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel, comme effet indésirable de fréquence « indéterminée ». Il ajoute une contre-indication pour les femmes ayant ou ayant eu un méningiome.
  • 11 août 2026 : l’ANSM annonce la mise à jour des notices en France. Les laboratoires informent les professionnels de santé.
  • Septembre 2026 : l’ANSM publie un questions-réponses pour les patientes et commence à envoyer des courriers d’information aux femmes et aux prescripteurs concernés.

Ces décisions s’appuient sur une vaste étude française menée par EPI-PHARE (ANSM et Assurance maladie), à partir des données de 8 391 femmes opérées d’un méningiome entre 2020 et 2023.

Liste des pilules et contraceptifs concernés par le méningiome

Concernés par le risque très faible (désogestrel / étonogestrel) :

  • les pilules au désogestrel seul 75 µg : Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette et génériques ;
  • les pilules combinées au désogestrel 150 µg : Desobel, Mercilon, Varnoline et génériques ;
  • l’implant contraceptif Nexplanon (étonogestrel) ;
  • les anneaux vaginaux à l’étonogestrel : NuvaRing, Etoring et génériques.

Progestatifs à risque plus élevé, sous surveillance renforcée depuis 2023 : cyprotérone (Androcur), nomégestrol (Lutényl), chlormadinone (Lutéran), médrogestone (Colprone) et médroxyprogestérone injectable (Depo-Provera), utilisée comme contraception. Pour ces traitements, l’ANSM prévoit un suivi par IRM.

Sans sur-risque mis en évidence :

  • les pilules au lévonorgestrel, seul ou combiné ;
  • les stérilets hormonaux au lévonorgestrel (Mirena, Kyleena, Jaydess, Donasert) ;
  • et bien sûr les méthodes sans hormone : stérilet au cuivre, préservatifs…

Quel est le vrai niveau de risque ?

C’est le point essentiel pour ne pas céder à la panique :

  • le sur-risque est estimé à 1 cas supplémentaire pour environ 67 300 femmes utilisant ces contraceptifs ;
  • il n’apparaît qu’avec une utilisation en cours d’au moins un an ;
  • il augmente avec la durée : environ 1,7 fois le risque de base au-delà de 5 ans, 2 fois au-delà de 7 ans (soit environ 1 cas supplémentaire pour 17 000 femmes après 5 ans) ;
  • il est un peu plus marqué après 45 ans ;
  • il disparaît environ un an après l’arrêt.

Autrement dit, la très grande majorité des utilisatrices ne développeront jamais de méningiome. Le risque est plus élevé si l’on a déjà pris, pendant plus d’un an, l’un des progestatifs à risque élevé cités plus haut.

Méningiome et pilule : les symptômes qui doivent alerter

Consultez un médecin si vous remarquez, de façon persistante ou inhabituelle :

  • des maux de tête qui s’installent ou s’aggravent ;
  • des troubles de la vision ;
  • une baisse de l’audition ou des acouphènes, une perte de l’odorat ;
  • une faiblesse d’un bras ou d’une jambe ;
  • des troubles de l’équilibre, de la parole ou de la mémoire ;
  • des crises d’épilepsie.

Ces signes ont le plus souvent d’autres causes, mais ils justifient un avis médical.

Que faire si vous utilisez l’un de ces contraceptifs ?

  1. N’arrêtez pas brutalement votre contraception : le risque de grossesse non désirée est bien réel, lui.
  2. Pas d’urgence : abordez le sujet lors de votre prochaine consultation. L’ANSM recommande de réévaluer sa contraception au moins une fois par an, jusqu’à la ménopause.
  3. Après 45 ans ou après plus de 5 ans de désogestrel, demandez si cette méthode reste la plus adaptée pour vous.
  4. Pas d’IRM systématique : elle n’est proposée qu’en cas de symptômes, ou au démarrage si vous avez été exposée plus d’un an à un progestatif à risque élevé.
  5. Si vous avez déjà eu un méningiome, signalez-le : ces contraceptifs sont désormais contre-indiqués.

Et dans le couple, dans l’intimité ?

Une alerte sur sa contraception n’est jamais anodine. Elle peut raviver des inquiétudes, faire naître de la méfiance envers son corps ou ses traitements, ou relancer une question souvent restée en suspens : qui porte la charge de la contraception ?

Changer de méthode peut aussi bousculer les habitudes : appréhension autour d’un nouveau dispositif, crainte d’un oubli, peur d’une grossesse… Ces émotions peuvent peser sur le désir et la spontanéité. Il est important de pouvoir en parler :

  • avec son ou sa partenaire, pour partager l’information et les décisions ;
  • avec un professionnel de santé (médecin, gynécologue, sage-femme), pour choisir la contraception la plus adaptée ;
  • et, si l’anxiété ou les tensions s’installent, dans un espace d’écoute comme la sexothérapie, pour retrouver une intimité apaisée.

Questions fréquentes

La pilule peut-elle provoquer un méningiome ?

Certaines pilules progestatives, notamment au désogestrel, sont associées à une très faible augmentation du risque de méningiome lorsqu’elles sont utilisées plus d’un an. L’ANSM et l’Agence européenne du médicament estiment ce sur-risque à environ un cas supplémentaire pour 67 300 utilisatrices. Les pilules au lévonorgestrel ne montrent pas de sur-risque.

Quelles contraceptions sont concernées par le risque de méningiome en 2026 ?

Les pilules au désogestrel seul (Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette et génériques), les pilules combinées au désogestrel (Desobel, Mercilon, Varnoline et génériques), l’implant Nexplanon et les anneaux vaginaux à l’étonogestrel (NuvaRing, Etoring et génériques). La médroxyprogestérone injectable (Depo-Provera) fait partie des progestatifs à risque plus élevé.

Faut-il arrêter sa pilule au désogestrel ?

Non, pas sans avis médical : un arrêt brutal expose à une grossesse non désirée. L’ANSM recommande d’en parler lors de la prochaine consultation de suivi, sans urgence, pour réévaluer la contraception, en particulier après 45 ans ou après plus de 5 ans d’utilisation.

Faut-il passer une IRM quand on prend le désogestrel ?

Non, l’IRM cérébrale n’est pas systématique. Elle est indiquée en cas de symptômes évocateurs (maux de tête persistants, troubles de la vision, faiblesse d’un membre, troubles de la mémoire ou de l’équilibre…) ou, au démarrage, si vous avez pris plus d’un an un progestatif à risque élevé.

Le stérilet hormonal augmente-t-il le risque de méningiome ?

Les études EPI-PHARE n’ont pas montré de sur-risque avec les stérilets hormonaux au lévonorgestrel (Mirena, Kyleena, Jaydess, Donasert). Le stérilet au cuivre ne contient pas d’hormone.

Le risque disparaît-il à l’arrêt ?

Selon l’ANSM, le sur-risque lié au désogestrel disparaît environ un an après l’arrêt du traitement.

Sources

  1. Meeting highlights from the Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC), 6-9 July 2026, Agence européenne du médicament (EMA), Juillet 2026.
  2. Contraception à base de désogestrel et étonogestrel : les notices évoluent pour mieux informer sur le risque rare de méningiome, ANSM, 11 août 2026.
  3. Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses, ANSM, 10 septembre 2026.
  4. Contraception et risque de méningiome : nouvelles recommandations (mise à jour), ANSM, Mis à jour le 11 août 2026.
  5. Désogestrel et étonogestrel : ajout du méningiome à la liste des contre-indications, VIDAL, 2026.
  6. De nouvelles données sur le risque de méningiome associé à la prise de progestatifs en contraception orale, EPI-PHARE (ANSM – Assurance maladie), 19 décembre 2024.
  7. Progestatifs et risque de méningiomes intracrâniens : publication d’une étude dans le BMJ, EPI-PHARE (ANSM – Assurance maladie), 28 mars 2024.

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